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L'Ortie

L'ortie, considérée à tort comme un végétal agressif et nuisible, se plaît à fréquenter les alentours des habitations mais surtout les zones enrichies en azote organique, comme les prairies à bétail, près des étables, le long des ruisseaux, donc les terres riches.
Très tôt l'homme a compris qu'il s'agissait d'une plante médicinale aux vertus puissantes et variées, aussi bien dépurative que diurétique, antiniflammatoire que reminéralisante, antirhumatismale que fortifiante, sans parler de ses pouvoirs hémostatiques.

Botanique

L'ortie, ou plutôt les orties, appartiennent à la famille des urticacées et comportent sept représentant en Europe, dont les plus répandus sont la Grande Ortie, Urtica dioïca, et l'Ortie brûlante, Urtica urens.
Ce sont des plantes herbacées pouvant atteindre 1 m de haut pour Urtica dioïca, possédant des feuilles opposées deux à deux, elliptiques et aux bords irrégulièrement dentés. Ses feuilles sont couvertes de poils urticants dont chacun possède à sa base une glande translucide remplie, entre autres, d'acide formique. Mais aussi, d'histamine, d'acétylcholine et de sérotonine, cette association étant responsable des démangeaisons et des allergies causées par cette plante.
Les fleurs femelles sont verdâtres, associées sous forme de panicules ou d'épis en fonction de l'espèce. Les fleurs mâles sont jaunes , isolées ou en épis. Selon la variété d'ortie, les pieds peuvent porter les deux types de fleurs ( ortie monoïque) ou d' un seul sexe ( ortie dioïque).

Les orties, malgré leur pouvoir urticant, sont dépourvues de toxicité et sont toutes comestibles.


Usages alimentaires

Durant des siècles l'ortie a permis à plus d'un déshérité de trouver quelque subsistance en période de disette. Les épisodes de guerre au XIX et XX siècle lui ont permis de retrouver ses « lettres de noblesse », et nombre de cuisiniers célèbres ont remis au goût du jour potages, omelettes, tartes et autres gratins à base de ce végétal qui met tant d'acharnement à refuser de se laisser cueillir.

Usages domestiques

Dans toutes les régions où l'ortie prospère, les paysans ont rapidement appris à fabriquer du purin d'orties, l'utilisant aussi bien comme engrais que comme insecticide contre les pucerons, ou comme antifongique contre le mildiou ( un Kg d'orties hachées dans 50 l d'eau pour une macération à l'obscurité de 6 à 8 jours.)
En Corse, en pays de Bigorre et dans de nombreuses régions d'élevage ovin et caprin, les bergers avaient pour habitude de dégraisser les bidons de lait, les récipients ayant servi à faire le fromage ou le beurre avec des fascines d'orties.
Et dans certaines régions particulièrement pauvres, les tiges d'ortie remplaçaient parfois le chanvre pour fabriquer par tissage des semelles, des nattes, des vans.

Usages médicinaux

  • Usage interne

Aussi bien en médecine humaine que vétérinaire, l'ortie est utilisée dans toutes les régions de France depuis toujours pour ses nombreuses vertus.
La plante entière, les jeunes pousses de printemps, les fleurs et fruits, mais aussi la racine pourront être utilisés en tisane ou décoction.
Ainsi des tisanes réalisées avec toutes les parties aériennes ( une poignée de plante séchée pour 1 litre d'eau) permettent-elles d'améliorer la fonction rénale, de prévenir et traiter les lithiases urinaires, de soulager les douleurs et gênes causées par l'arthrite ou les rhumatismes.
Des tisanes de feuilles fraîches ou séchées sont souvent utilisées pour traiter les rhinites allergiques.
Des décoctions de racines séchées (1 c à café pour 200 ml d'eau) sont réputées améliorer la miction chez des patients souffrant d'hypertrophie bénigne de la prostate, en association ou non, avec des extraits de pygeum africanum.
Notons des usages moins répandus comme l'administration de graines d'orties dans du miel pour favoriser les saillies chez les ovins et bovins, les infusions de fleurs pour soulager les douleurs dentaires et buccales, les infusions de feuilles et de racines à parts égales pour traiter les eczémas.

  • Usage externe

L'application de feuilles hachées fraîches, les frictions à l'aide de bottes d'orties, ont partout et toujours fait partie de l'attirail thérapeutique des rhumatisants.
Les douleurs et brûlures étaient ensuite apaisées par application de vinaigre ou d'huile.
Il semblerait que des extraits alcooliques de feuilles permettent effectivement de soulager les articulations douloureuse, plus d'un cheval de labour ou de chien de chasse en ayant largement bénéficié.
Le jus d'orties ou les cataplasmes de feuilles hachées sont redoutablement efficaces pour arrêter les hémorragies de surface. Et plus d'un épistaxis a été maîtrisé grâce à l'instillation de jus d'ortie dans la narine lésée.
En Provence en cas de pharyngite étaient recommandés des gargarismes de tisane d'orties.
En Bretagne ou en Picardie, des cataplasmes d'orties étaient appliqués, semble-t-il avec succès, pour faire disparaître les verrues cutanées.
Enfin, même si cela n'a jamais été prouvé, le lavage ou le rinçage des cheveux à l'aide de tisane était recommandé pour les fortifier et les embellir.

Pour toute information complémentaire sur l'utilisation des orties, n'hésitez pas à nous demander conseil via la rubrique Contact du site ou à vous reporter à nous ouvrages en vente dans la Boutique du site.

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