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Aromathérapie: quelques précautions

Les propriétés chimiques et physiques des huiles essentielles permettent à l'aromathérapie d'être considérée comme une médecine d'une pratique assez souple, que ce soit en médecine humaine ou animale. Ainsi les voies d'administration sont-elles nombreuses, voies orale, respiratoire, digestive, cutanée.
Mais, en fonction de l'espèce animale – chat, chien ou autre- de l'individu traité au sein d'une même espèce, et de la nature de l'huile utilisée, des précautions d'emploi devront être prises.
Nous ne traiterons pas ici des toxicités propres aux différentes molécules constituant les huiles essentielles dans les diverses espèces animales-toxicité neurologique des cétones, par exemple-mais des précautions générales à respecter en aromathérapie vétérinaire.

Voies d'administration et zones corporelles proscrites

  • Aucune huile essentielle ne peut être administrée par injection, que ce soit par voie intramusculaire, intraveineuse ou sous cutanée. Rappelons toutefois d'anciennes méthodes thérapeutiques, le plus souvent abandonnées, consistant à injecter des huiles terpèniques par voie sous cutanée pour réaliser des « abcès de fixation » chez les grands animaux.
  • Les animaux présentant des allergies respiratoires, un terrain atopique, des syndromes asthmatiformes ne doivent jamais recevoir de traitement par aérosolthérapie d'huiles essentielles, quelles qu'elles soient.
  • Les yeux-et les régions périoculaires- les conduits auditifs et les organes génitaux ne seront jamais traités à l'aide d'huiles essentielles pures.
  • Les régions périnéales, axillaires, inguinales et la face devront toujours faire l'objet de précautions importantes. Le choix d'huiles essentielles peu irritantes et la dilution dans des huiles végétales ( ou dans du Disper ND ) sera toujours la règle.

Connaissance de la toxicité des huiles essentielles

  • Ne jamais utiliser une huile dont on ne connaît pas la composition et la toxicité éventuelle.
  • Ne jamais utiliser chez son animal une huile essentielle qui a vous a été prescrite sans savoir si elle est utilisable chez lui : l'aromathérapie animale n'est pas un simple copié-collé de l'aromathérapie humaine, car la toxicité des huiles essentielles dépend de l'espèce traitée!
  • Toujours se souvenir que les huiles essentielles riches en cétones ou en lactones présentent une toxicité pour le système nerveux central et qu'elles agissent par effet cumulatif. Une dose bien acceptée sur un jour ou deux deviendra toxique au bout de plusieurs jours car ces molécules s'accumulent dans l'organisme et atteigne alors la dose toxique.
  • Bien connaître la dermocausticité des huiles contenant des phénols ou des aldéhydes, et ne les employer que fortement diluées dans de l'huile végétale ou des excipients type Disper. C'est par exemple le cas de l'Huile essentielle de clou de girofle. Rappelons qu'il est impossible de diluer des huiles essentielles dans de l'eau, et qu'une telle pratique aboutit souvent à des irritations cutanéo-muqueuses importantes si les huiles utilisées sont caustiques.
  • Ne jamais oublier que nombre d'huiles essentielles ont un pouvoir photosensibilisant. Il faut éviter d'exposer au soleil les chats ou chien à poil ras et/ou à peau très fine comme les lévriers dans les deux ou trois heures qui suivent leur administration.
  • Mise en garde particulière : l'huile essentielle de menthe poivrée dont l'usage est des plus fréquent en traumatologie, dermatologie ou autre doit être manipulée avec beaucoup de précautions chez nos compagnons. Ne jamais l'employer sur de grandes surfaces au risque de susciter un effet de glaçage pouvant entraîner une syncope. Ne jamais oublier que la voie orale doit souvent être proscrite chez les chats et tous les animaux jeunes ou de petite taille, car les risques de spasme laryngé parfois mortel sont alors majeurs.

Connaissance des excipients et heures d'administration

  • Toujours se souvenir qu'il est préférable de diluer les huiles essentielles dans de l'huile végétale avant toute application cutanée, même pour des huiles essentielles réputées « douces ».
  • Utiliser les huiles essentielles pures par voie orale le plus rarement possible et durant des périodes assez brèves. Toujours les administrer si possible diluées dans de l'huile végétale, dans du Disper ND, incorporées dans des gélules préparées à l'avance, ou sous forme de bolus de miel.
  • Les adminsitrations per os devront avoir lieu au milieu des repas, au pire juste avant, mais jamais sur un animal ayant l'estomac vide.
  • Les animaux souffrant d'inflammations des voies digestives hautes, en particulier d'oesophagite ou de gastrite ne devront jamais recevoir d'huiles essentielles par voie orale sauf avis médical contraire.
  • Les suppositoires ne seront fabriqués qu'à l'aide d'excipients ad hoc, comme le Suppocir ND, et jamais de façon empirique à la maison, en raison de la fragilité de la muqueuse rectale et de la vitesse d'absorption très importante de cette voie d'administration.

Conduite à tenir en cas d'intoxication

Vu les aromes très forts des huiles essentielles, l'ingestion volontaire et accidentelle par un chat ou un chien est rarissime et fortement improbable. Toutefois, dans ce cas, il faut respecter les conseils suivants:

  • Ne jamais faire ingurgiter de l'eau.
  • Ne jamais tenter de faire vomir si l'huile essentielle absorbée est caustique ( clou de girofle par exemple )
  • Toujours administrer 3 à 5 cuillerées à soupe d'huile végétale type tournesol ou olive, à répéter une ou deux fois à un qurt d'heure d'intervalle. Un praticien pourra alors tenter de provoquer des vomissements pour faire expulser les huiles ingérées.
  • Cas particulier d'une contamination du globe oculaire : suite à une projection d'huile essentielle dans l'oeil, cas fréquent du chien ou du chat rétifs qui bousculent le maitre lors du traitement, il faut instiller de l'huile végétale et/ou essuyer à l'aide d'une compresse imbibée de la même huile végétale. Un rinçage ultérieur au sérum physiologique permettra d'éliminer les corps gras.

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