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Péritonite infectieuse féline ou PIF

La péritonite infectieuse féline, ou PIF, est une virose féline mortelle, encore assez mal connue, qui se déclare chez des chats porteurs d’un coronavirus par mutation de ce virus, et qui se termine par le décès de l’animal. Seuls moins de 10 % des chats porteurs finissent par déclarer une PIF.

Les stades de l’infection par le coronavirus

Si l’on sait que les selles d’un animal hébergeant des coronavirus sont les produits les plus riches en virus, la salive et l’urine sont également contaminant. La contamination entre chats se fait par voie orale uniquement, et il n’y a aucun risque ni pour l’homme ni pour le chien.

  • Le premier stade

C’est celui qui suit immédiatement la contamination, autrement dit celui de l’infection initiale.
Un état fébrile transitoire, des symptômes digestifs de type vomissements et diarrhées, accompagnent une forte excrétion de virus.
Le chat porteur est ainsi fortement contagieux, directement, ou par l’intermédiaire du milieu de vie ce qui est beaucoup plus rare, voire par voie trans placentaire pour les mères.

  • Le second stade

C’est celui de la dormance, et peut durer de longues années. Hormis en période de stress intense, le chat n’est pas contagieux car les virus qu’il héberge sont inactifs, quiescents.

  • Le troisième stade

C’est celui de la PIF, qui dure quelques semaines, voire beaucoup moins car il existe une forme foudroyante en 4 jours. Durant ce stade le chat n'est plus contagieux. Le coronavirus a alors muté.
Cette mutation virale est beaucoup plus fréquente dans les populations de virus hébergées par les jeunes chats, les chats âgés, les chats vivant en chatterie . Certaines races et certaines lignées de chats semblent présenter une sensibilité élevée pour la PIF.


Les symptômes de la PIF

Le début de la maladie est non caractéristique, se manifestant par le cortège fébrile habituel des maladies virales, à savoir de la fièvre, de l'anorexie, une adynamie et un amaigrissement parfois important.
Puis de l’anémie et une déshydratation apparaissent au fur et à mesure de l’évolution.
Il existe trois formes d’expression de la maladie, la dernière étant très rare et de diagnostic malaisé, certains auteurs ne la décrivant même pas.

  • La forme humide de la PIF

Elle représente trois cas sur quatre, et évolue plus vite que les autres formes vers le décès.
Malgré son nom, la maladie se présente le plus souvent sous la forme d’une pleurésie, avec accumulation de sérosités dans l’espace pleural entraînant une dyspnée intense, soit des difficultés pour inspirer. Une ascite peut aussi se développer, due à l’accumulation de sérosités intra abdominales, accompagnée toujours d’une péritonite dans ce cas. Les diverses atteintes organiques, comme celles des reins, du foie, des ganglions peuvent expliquer les symptômes secondaires d’insuffisance rénale, d’ictère hépatique, de vomissements et de diarrhées.

  • La forme sèche de la PIF

Elle se caractérise par l’absence d’épanchements et par l’atteinte d’un ou plusieurs organes. Elle est d'un diagnostic souvent malaisé.
Les reins : Ils peuvent souffrir d'une néphrite d’expression pyogranulomateuse, provoquant l’apparition d’une insuffisance rénale d’évolution rapide et irréversible. Les reins sont parsemés de petites formations purulentes.
Le foie : Ici aussi nous sommes confrontés à une forme pyogranulomateuse, provoquant une insuffisance hépatique ictérique, c'est à dire une jaunisse, et prédominent alors des vomissements et une soif intense.
Les yeux : Une uvéite antérieure se traduisant par un rétrécissement du diamètre pupillaire, accompagne une rétinite hémorragique et des hémorragies du corps vitré. La perte de la vision est rapide, souvent bilatérale.
Le cerveau : Une encéphalite se développe, se manifestant par des crises épileptiformes, du nystagmus c'est à dire des  mouvements involontaires des yeux, des tremblements de la tête et toutes sorte de paralysies touchant les membres, les sphincters.....

  • La forme digestive de la PIF

Elle est 20 fois plus rare que la forme humide , sans doute en raison du fait qu'elle est mal diagnostiquée jusqu'ici.
Lorsqu’elle se traduit seulement par des vomissements, des diarrhées et une déshydratation modérée, seule une recherche de virus dans les selles permet son diagnostic.
Lorsqu’elle se manifeste sous la forme intestinale et nodulaire, aux symptômes digestifs vient s’ajouter la présence d’une masse intestinale et péri intestinale, décelable à la simple palpation abdominale.
Elle est constituée de multiples pyogranulomes dans l’épaisseur de la paroi intestinale, au niveau de la jonction iléo caecale, et dans les ganglions mésentériques fortement hypertrophiés. Cette forme, plus fréquente chez les jeunes chats, évolue vers la forme humide, puis la mort.

Diagnostic et Dépistage

Le diagnostic et le dépistage sont particulièrement malaisés, de par une clinique peu spécifique et  un manque de fiabilité des tests.
En effet, les tests peuvent mettre en évidence les virus eux même, les anticorps signalant l’exposition aux coronavirus, mais en aucun cas ne peuvent affirmer la PIF, car seule une mutation du coronavirus entraîne la maladie.
De plus, il est nécessaire de répéter les tests 3 fois à 1 ou 2 mois d’intervalle pour en augmenter la fiabilité.

  • Les tests ELISA : en clinique

Ils permettent la détection des anticorps sanguins
positif :  le chat a été en contact avec le virus, le  taux de mortalité est de 5% . C'est également le taux de mutation du virus.
négatif : il n’a pas été en contact avec le coronavirus.
Avantage : test rapide, peu onéreux
Inconvénients : test non quantitatif, faux positifs et faux négatifs nombreux.

  • Les tests par immunofluorescence : en laboratoire

Ils assurent un dosage des anticorps sanguins
test positif sur un chat asymptomatique : le chat a été en contact avec le virus
test positif avec taux d’Anticorps  élevés sur un chat malade : l’animal est condamné

  • Les tests PCR : laboratoire spécialisé

Il sont basés sur la recherche et le comptage des virus sur un écouvillon rectal.
Ils permettent  de déterminer le niveau de la charge virale, de faible à élevée.
Plus la charge virale est forte, plus le risque de mutation est élevé.
Plus la charge virale est forte, plus le chat est excréteur de virus.


Il faut avant tout  retenir qu’un chat positif à l’un des tests est porteur du coronavirus mais n’est pas obligatoirement malade de la PIF, car une mutation du coronavirus est nécessaire pour que la PIF se déclare.
Par contre, tout chat malade de la PIF est porteur du coronavirus et donc positif aux tests.

Prophylaxie de la PIF

En l’absence de vaccin efficace, la seule prophylaxie envisageable consiste à respecter quelques règles d’hygiène et de veiller à la prévention du stress :
- éviter les gestations à répétitions.
- éviter les introductions de nouveaux congénères, à moins de tester les chats « en place » et le nouvel arrivant en même termps.
- éviter les stress liés aux déménagements ou aux changements alimentaires brutaux.
- veiller à une hygiène rigoureuse des litières.
- éviter les médicaments progestatifs qui favoriseraient la mutation du coronavirus.
- éviter les contacts avec les chats errants susceptibles de transmettre calicivirus, herpèsvirus, FeLV et FIV, tous autres virus favorisant la prolifération du coronavirus.


Médecines naturelles et PIF

Les médecines naturelles peuvent jouer un rôle important tant dans la prévention que dans une prise en charge de type « palliatif » de l’animal malade

  • La Prévention

Les diffusions d’huiles essentielles à visée antiseptique dans les élevages ou les habitations contenant plusieurs chats s’avèrent efficaces. Des huiles essentielles ayant également des vertus apaisantes pourront contribuer à la lutte contre le stress.
L’organothérapie, ou l’homéopathie uniciste, pourra permettre de développer l’immunité des animaux à risque, à savoir les chatons, les vieux chats, les races sensibles. On aura recours à des doses globules hebdomadaires.
L’hétéro-isothérapie, l’organothérapie et l’homéopathie permettront de prévenir les réactions et maladies vaccinales sources de stress majeur chez le chat.
En fin, l’homéopathie pourra prendre en charge la prévention du stress et du choc lié à la chirurgie et à l’anesthésie.

  • Les soins curatifs

Il s’agira de soins individualisés en organothérapie et homéopathie essentiellement. Ces soins ont pour but de ralentir la déchéance de l’animal et de diminuer ses souffrances.
Toutefois, pour les maîtres possédant plusieurs chats, la question de savoir si le maintien en vie d’un animal porteur d’une population de coronavirus mutés est justifié, devra toujours être posée.
La douloureuse question de l’euthanasie s'impose, non pour abréger les souffrances du malade, mais bien pour protéger les chats encore en bonne santé.

Propriétaires d'un ou plusieurs chats, n'hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire, ou demandez nous une prestation de soins personnalisée ou un conseil via notre rubrique Prestations en ligne.

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