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Envenimation par les chenilles processionnaires

Les beaux jours sont là, une bonne balade en forêt ne pourra que réjouir votre chien et vous dégourdir les jambes. A votre retour votre compagnon vous semble bizarre, il salive, tremble, et refuse de boire et de manger, lui qui a l’habitude de dévorer après les longues promenades dominicales…..et si vous alliez rapidement chez votre vétérinaire, les chenilles processionnaires, ou chenilles du pin, ont peut être frappé ?

Biologie des chenilles processionnaires

Les chenilles processionnaires vivent en communauté de 20 à plus d’une centaine d’individus, au chaud dans leur nid accroché dans les branches d’un pin, mais aussi d’un cade, et quelques autres résineux du bassin méditerranéen.
Si les adultes sont d’inoffensifs papillons nocturnes, il n’en va pas de même de ces chenilles velues.
Descendant de leur nid de janvier à juin pour aller s’enterrer, car c’est sous terre qu’elles se métamorphoseront en papillon, on les rencontre se suivant en longues processions sur le sol, d’où leur dénomination commune.
C’est la que, poussé par la curiosité, votre chien a du donner un coup de langue ou de dent malencontreux.
Le corps de ces tueuses est recouvert de poils urticants , dont le seul contact peut entraîner des oedèmes énormes , puis des nécroses tissulaires irréversibles.

Symptômes de l’envenimation

Salivation exagérée, agitation, anorexie totale vous conduiront à consulter.
A l’examen de la cavité buccale, on constatera

  • Un œdème volumineux de la langue et des muqueuses buccales,
  • Une coloration rouge, puis violacée des tissus.

En cas d’évolution plus ancienne de quelques heures,

  • Les tissus des muqueuses buccales et linguales deviennent noirâtres.
  • Les tissus se nécrosent ensuite, en dégageant une odeur pestilentielle.


Si, malheureusement, l’animal a réussi à ingérer une ou plusieurs chenilles, les mêmes lésions oedémateuses puis nécrotiques peuvent se développer au niveau oesophagien ou stomacal, aggravant notablement les symptômes digestifs, et rendant le plus souvent tout traitement illusoire.
Des troubles respiratoires de voisinage ou par inhalation des poils urticants sont plus rares, mais souvent mortels car aboutissant à des lésions de nécrose pulmonaire avec œdème pulmonaire suraiguë, l’animal se noyant dans son propre sérum sanguin.

Que faire face à une suspicion d’envenimation par les chenilles

  • Pensez à porter des gants !!
  • Ne vous frottez pas les yeux après avoir inspecté la bouche de votre animal !!!
  • Lavez la bouche et les babines à grande eau, pour tenter d’éliminer le maximum de poils urticants.
  • Ne touchez pas aux chenilles, résistez à la tentation de les écraser, vous risqueriez de mettre en suspension dans l’air les redoutables poils 
  • Puis, direction le vétérinaire en urgence.

Celui-ci va prendre en charge votre animal, parfois durant de très longs jours d’hospitalisation.

  • Perfusions
  • Traitement du choc par corticothérapie entre autres
  • Traitements locaux associant lavages, injections intra linguales d’anesthésiques locaux, de corticoïdes, d’antihistaminiques et d’anticoagulants…
  • Pose d’une sonde gastrique percutanée pour alimenter le chien le temps que les tissus nécrosés cicatrisent, si nécessaire.

Malheureusement, l’issue est souvent fatale, à brève ou à longue échéance.
En effet, même en cas de survie, si la nécrose entraîne une perte trop importante du tissu lingual, le chien ou le chat ne seront plus capables de boire ni de manger

Prévention de l’envenimation

En période propice et dans une zone géographique concernée, soyez attentifs durant vos promenades, surtout dans les pinèdes.
Chez vous, si vos arbres sont touchés, il faudra éliminer les nids.

Il vaudra mieux faire appel à des professionnels.  Monter à l’échelle, scier la branche, la transporter pour la brûler, vous exposerait immanquablement au risque de mettre les poils urticants en suspension dans l’air, donc de les inhaler ou d’en recevoir dans les yeux.
Tous les ans, les chenilles processionnaires sont responsables de conjonctivites et de kératites cataclysmiques entraînant parfois des pertes de vision définitives, et surtout de gravissimes oedèmes pulmonaires occasionnant des décès par détresse respiratoire.

Les médecines naturelles

Elles ne pourront en aucune façon remplacer tous les soins traditionnels effectués par le vétérinaire.
L'envenimation par les chenilles du pin reste une urgence grave.
Le recours à l’homéopathie viendra ou pourra venir compléter le traitement traditionnel, permettant, entre autres, une meilleure récupération tissulaire.
L’application intra buccale de solutions ou de baumes de phytothérapie comme les extraits de centella asiatica par exemple, pourra aider à calmer les douleurs et améliorer la cicatrisation.
De même, lors de la phase de convalescence, la phytothérapie permettra une récupération plus rapide et un retour accéléré de l’appétit.

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