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Affections urinaires chez le chat : le SUF

Nos amis félins sont fréquemment sujets aux affections touchant leur vessie et leur urètre, toutes ces affections étant regroupées par commodité sous la dénomination de S.U.F, ou syndrome urologique félin.
Le S.U.F peut avoir des causes variées, comme les infections aiguës ou chroniques, les calculs urinaires irritants ou empêchant l’écoulement des urines dans les voies naturelles, mais aussi les malformations et les tumeurs vésicales ou extra urinaires.
Ce qui est le cas des compressions de l’urètre ou de la vessie occasionnées  par des tumeurs extérieures à l’arbre urinaire .
Il est très fréquent de ne pouvoir déterminer la ou les causes des cystites du chat, on parle alors de cystites idiopathiques du chat.

Les calculs urinaires ou urolithiase

Intéressons-nous donc à la cause première du S.U.F, à savoir les calculs urinaires.
L'urolithiase est favorisée par de nombreux facteurs que nous allons énumérer :

  • Le facteur sexuel

Les chats mâles souffrent plus fréquemment d’obstructions urétrales, car leur urètre comporte une inflexion importante avec diminution du diamètre interne, avant son passage dans la partie la plus interne du pénis. Ainsi, les calculs se bloqueront-ils à cet endroit, « ne pouvant prendre le virage ».

  • Le comportement d’abreuvement

Vous avez tous remarqué que votre chat boit très peu, héritage du temps où les chats étaient des animaux des savanes, donc adaptés à des milieux où l’eau est rare et se contentant souvent de l’eau contenue dans leurs proies.
Par voie de conséquence, les chats émettent des urines très concentrées, favorisant la moindre élimination des sédiments qu’elles contiennent.

  • La sédentarité et l’obésité

Les statistiques prouvent que les chats obèses et sédentaires souffrent beaucoup plus de S.U.F que les chats sveltes et sportifs.

  • L’âge

Certes, tous les chats peuvent souffrir de cette affection. Mais là encore, les statistiques sont formelles, l’âge d’apparition du S.U.F, ainsi que sa plus grande fréquence, interviennent dans la fourchette des 2 à 5 années de vie.

  • L’alimentation

Sans doute le facteur le plus important à prendre en compte.
Les aliments secs, bas de gamme, ont trop souvent une composition favorisant l’urolithiase.
Trop riches en sels minéraux, phosphore et magnésium, ils sont à l’origine d’urines bien trop acides ou au contraire basiques.
Il faut savoir qu’à l’état normal, les urines d’un chat sont légèrement acides, et contiennent des cristaux microscopiques constitués de sels minéraux ou de constituants protéiques, ces cristaux étant évacués sans problèmes à chaque miction.
En cas d’urines trop acides ou basiques, ces cristaux vont précipiter et s’agglomérer sous forme de calculs.
Ces calculs, selon leur nature chimique, pourront prendre l’aspect de sable, de cailloux pouvant atteindre dans la vessie des tailles impressionnantes, de bouchons cylindriques, les substances s’étant véritablement « moulées » dans les conduits urinaires.

Les calculs les plus fréquemment rencontrés, sont par ordre de fréquence :

  • les struvites ou phosphates ammoniaco magnésiens
  • les calculs d'oxalate de calcium
  • les calculs d' urates
  • les calculs de phosphate de calcium,
  • les calculs de cystine
  • les calculs dexanthine.

Les symptômes du S.U.F

Tout d’abord le chat souffrant de S.U.F va uriner beaucoup plus souvent, et les mictions se révèlent fréquemment douloureuses.
Les chats se rendent à tout bout de champ sur leur caisse, poussent des miaulements à fendre l’âme du maître le plus endurci . Voila quels sont les symptômes les plus décrits en consultation.
Parfois, les chats se mettent à uriner dans des lieux peu communs, en dehors de leur caisse.
C’est ainsi l’occasion pour les maîtres dont les chats ont uriné dans la baignoire, sur le carrelage, de s’apercevoir que les urines sont teintées de rose ou de rouge car elles contiennent du sang.
Il y a alors ce que l’on appelle une hématurie.
Ces mictions hors de la litière, véritables épisodes de malpropreté chez des animaux réputés particulièrement propres de nature, sont souvent un des motifs de consultation.

Si le S.U.F évolue , les mictions de fréquentes et douloureuses deviennent impossibles
Le chat ne parvient plus à uriner, il est prostré, perd totalement l’appétit, peut se mettre à vomir, son abdomen devient plus volumineux et extrêmement douloureux du fait de la distension vésicale.
Ne pouvant plus éliminer les déchets, en particulier l’ammoniaque sanguin, dans ses urines, l’animal s’auto intoxique rapidement, et peut mourir d’une insuffisance rénale aiguë. 

Pour résumer, les symptômes du SUF sont:

  • Mictions fréquentes et douloureuses
  • Mictions en dehors de la litière
  • Présence de sang dans les urines
  • Puis impossibilité d'uriner
  • Prostration, anorexie totale
  • Distension abdominale douloureuse
  • Symptômes d'insuffisance rénale aigüe

Le traitement du S.U.F est donc une urgence absolue, car, même si l’on parvient à déboucher les voies urinaires, si cela n’est pas fait à temps, les séquelles au niveau du tissu rénal peuvent être irréversibles, et l'animal restera insuffisant rénal chronique.

Les moyens de diagnostic

Le diagnostic du S.U.F ne pose en général pas de problème majeur, les symptômes étant la plupart du temps très évocateurs
Le praticien pourra palper l’abdomen et constater la présence d’une vessie anormalement pleine, souvent douloureuse.

Une radiographie avec ou sans préparation, appelée cystographie ou  une échographie permettront de mettre en évidence les calculs radio opaques.

Un prélèvement d’urines par cystocentèse, c'est à dire par ponction de la vessie à l’aiguille fine, ou par palpation, permettra d’analyser les urines, de rechercher la présence de sang, de cristaux, d’éventuelles bactéries présentes en trop grande quantité, et de mesurer le pH des urines, à savoir si les urines sont neutres, acides ou basiques.

Le Traitement

  • Le traitement médical et diététique

L’urgence absolue est de rétablir le flux urinaire de façon à ce que les reins puissent à nouveau fonctionner normalement.
Sous anesthésie générale, le vétérinaire sondera votre chat pour permettre la vidange vésicale, rincera la vessie avec des solutés stériles, et fixera la sonde urinaire que minou devra garder quelques jours en hospitalisation pour subir des rinçages quotidiens qui permettront de poursuivre l’élimination des petits calculs vésicaux.

Il recevra des perfusions pour rétablir la production d’urines par les reins, afin qu'il retrouve un équilibre ionique et acido basique sanguin normal, ce qui lui permettra de lutter contre l’insuffisance rénale aiguë occasionnée par l’arrêt des mictions.
Les spasmolytiques permettront de prendre en charge la douleur
Les antibiotiques se chargeront de lutter contre les infections bactériennes qui accompagnent souvent le S.U.F .

Dans les cas de calculs de struvite, le chat pourra recevoir des acidifiants urinaires pour que ses urines soient plus acides.
Ainsi  les calculs pourront-ils être dissous en partie, voie en totalité.

Une alimentation spécifique, acidifiante et pauvre en phosphore et magnésium, pourra être maintenue durant quelques mois pour dissoudre les petits calculs persistants dans la vessie.
Un régime alimentaire adapté devra être observé durant toute la vie du chat.

  • Le traitement chirurgical en urgence

Il est parfois impossible de sonder l’animal
Les calculs présents dans la vessie peuvent être trop volumineux et leur nature ne pas permettre d’envisager une dissolution rapide par acidification ou alcalinisation des urine, ce qui est le cas des cristaux d’oxalate.
Une chirurgie d’extraction des calculs par cystotomie, autrement dit par ouverture chirurgicale de la vessie, devra intervenir rapidement.
La suite du traitement, perfusions et autres, sera identique.
Dans ce cas également,  des mesures diététiques devront également être observés durant toute la vie de l’animal.

  • Le traitement chirurgical des récidives

Parfois, malgré l’observance des traitements et des mesures diététiques , des récidives interviennent, essentiellement chez les mâles.
Il faut alors envisager une intervention chirurgicale dite « urétrostomie périnéale ».
Elle consiste à supprimer la portion d’urètre pénien par amputation du pénis, et à tirer la portion interne de l’urètre vers l’extérieur .
On créera ainsi un méat urinaire situé dans la portion la plus large de l’urètre et on supprimera l’inflexion périnéale de l’urètre, les calculs se bloquant le plus souvent dans cette portion qui forme "un virage".

Comme vous avez pu le lire, le S.U.F est une affection sérieuse, pouvant entraîner le décès de l’animal ou au moins de graves séquelles invalidantes.
Il nécessite toujours des traitements médicaux ou chirurgicaux souvent lourds.
C’est pourquoi la prévention est essentielle, et les conseils diététiques primordiaux.

Une aide précieuse, tant dans la prévention que dans la mise en place d’un traitement complémentaire, pourra être apportée par l’homéopathie, la phytothérapie et l'aromathérapie. Ces médecines naturelles aideront à apaiser les spasmes douloureux, diminueront l'inflammation vésicale et contribueront à améliorer la fonction rénale une fois les problèmes d'urolithiase résolus.

Le SUF est toujours une urgence grave. Consultez votre vétérinaire au plus vite.  

Pour obtenir des conseils personnalisés en alimentation dans le cadre de la prévention du SUF, rendez-vous dans notre rubrique Prestations en ligne.

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