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Insuffisance cardiaque

Vous venez de consulter votre vétérinaire car votre petit compagnon commençait à prendre de l’âge, et depuis quelque temps vous pensiez qu’il avait dû attraper quelque virus ou autre, car il s’était mis à tousser….
Et le diagnostic est tombé : insuffisance cardiaque ! Voyons donc se que recouvrent ces termes

Etiologie : les causes de l'insuffisance cardiaque

Le myocarde et tous les autres tissus du cœur, en particulier celui qui constitue les valvules, est sujet au vieillissement à l’instar de tous les autres organes de votre animal.
De plus, certaines maladies cardiaques, comme les endocardites infectieuses ou les valvulopathies congénitales, peuvent occasionner des séquelles et autres dysfonctionnements de la mécanique cardiaque.

De ce fait, en fonction de l'âge ou d'une pathologie cardiaque préexistante, le cœur de votre animal se met à moins bien fonctionner, ses capacités de pompe « aspirante refoulante » sont diminuées, devenant insuffisantes : votre compagnon devient insuffisant cardiaque.


Le sang est alors moins bien distribué dans l’ensemble de l’organisme, circulant moins vite, atteignant en moindre volume les tissus et organes. La moindre oxygénation, ainsi que les perturbations hémodynamiques, le sang « stagne » dans certains organes, par exemple, entraînent l’apparition de troubles nombreux et variés.

Les symptômes les plus fréquents sont  la toux, la fatigabilité, la perte de tonus et d’énergie, l’essoufflement à l’effort.
Parfois peuvent apparaître des syncopes, à l’effort voire même au repos, une anorexie accompagnée ou non d’amaigrissement, et, symptôme oh combien inquiétant, une augmentation parfois considérable du volume abdominal.
Ce dernier symptôme est consécutif à l’existence d’une ascite, autrement dit à l’accumulation de sérum sanguin dans la cavité abdominale.

L’insuffisance cardiaque est ainsi une affection polymorphe, car retentissant sur de nombreux organes, occasionnant une sénescence précoce de ceux-ci. Ainsi les reins sont ils moins bien irrigués et l’insuffisance rénale accompagne-t-elle souvent l’insuffisance cardiaque.

De plus, les risques de mortalité brutale sont très grandement augmentés : votre animal peut souffrir subitement d’une œdème pulmonaire aiguë ou d’une défaillance cardiaque aiguë.

L’insuffisance cardiaque rencontrée chez nos animaux peut prendre diverses formes.
Ainsi les différentes valvules peuvent être ou devenir déficientes, perturbant par leur mauvais fonctionnement, la circulation du sang à l’intérieur des cavités cardiaques.

Par ailleurs, le rendement de la pompe cardiaque est avant tout lié à la bonne qualité du myocarde qui est, rappelons le, un muscle remarquable, se contractant puissamment pour envoyer le sang dans l’organisme, et endurant, puisque devant se contracter des dizaines de fois par minute toute la vie de votre animal durant.

Les pathologies les plus fréquentes

  • L’insuffisance mitrale

Elle représente de loin la pathologie cardiaque la plus courante chez l’animal âgé.

La valvule mitrale, celle qui sépare le ventricule gauche de l’oreillette gauche, ayant subi une usure précoce due à l'âge ou à une endocardite, ne parvient plus à se fermer correctement durant les systoles, ou contractions des ventricules pour envoyer le sang dans l’organisme.

De ce fait, une partie du sang contenu dans le ventricule, au lieu d’être envoyé dans l’organisme, reflue dans l’oreillette.
Ce qui entraîne une surcharge auriculaire, trop de sang stagne dans l’oreillette gauche, ainsi que le souffle cardiaque audible au stéthoscope .

L’oreillette étant en surcharge chronique, le sang en provenance des poumons ne peut plus y retourner en quantité suffisante et se met à stagner dans les tissus en amont, en l’occurrence les tissus pulmonaires.
Cette stase sanguine pulmonaire est responsable d’un œdème pulmonaire chronique qui occasionne la toux.

L’insuffisance mitrale est donc une affection cardiaque chronique du chien âgé, évoluant le plus souvent par paliers.
La prise en charge la plus précoce possible de cette affection améliorera grandement la qualité et l’espérance de vie de votre animal.

  • Les cardiomyopathies dilatées

Nous avons à faire à des affections du myocarde, occasionnant un amincissement et par voie de conséquence un affaiblissement des parois ventriculaires.

Le volume des cavités ventriculaires augment, les muscles sont moins « costauds » : Nous sommes face à un cœur qui accepte des volumes sanguins plus importants alors qu’il n’est plus capable de l’éjecter vers l’aorte et les artères pulmonaires.

La conséquence, redoutable, est qu’un volume plus ou moins grand du sang admis à chaque diastole ( phase « d’aspiration » par le cœur ), ne pourra être éjecté et stagnera dans les cavités ventriculaires après chaque systole.

Cette affection est beaucoup plus fréquente dans les races de grande ou très grande taille , comme les Boxers ou Dogues allemands, et également dans des races de moindre gabarit comme les Epagneuls, comme les Cockers.

Comment donc prendre en charge ces affections redoutables ?

  • Mesures hygiéniques

Tout d’abord il faut jouer sur les facteurs favorisants que sont la sédentarité et l’obésité.
Toute surcharge pondérale augmente la fatigue du muscle cardiaque.
Une alimentation trop riche, le manque d’activités physiques, les mauvaises habitudes alimentaires, grignotage et friandises, sont donc responsables, à terme, d’une augmentation très importante du risque d’insuffisance cardiaque.

  • Suivi médical

Un suivi médical rigoureux doit être instauré.
Il peut permettre, entre autres, de prendre en charge les infections à bas bruit, telles la maladie parodontale ( tartre et infections buccales), pouvant entraîner des risques d’endocardite infectieuse.
Ainsi, une partie de la flore buccale et des toxines qu'elle produit, peut-elle contaminer et léser à distance l'endocarde, le tissu qui revêt les parois internes du coeur, et en particulier les valvules.

  • Les bilans cardio pulmonaires

Il faut tenir compte très tôt des symptômes d’alerte que sont la toux, la fatigue à l’effort.
Il faut alors faire pratiquer un bilan cardiologique complet, auscultation, écho-cardiographie, électrocardiogramme, radiographie thoracique.
Ce bilan déterminera le stade d’évolution de l’insuffisance cardiaque, permettant d’adapter le traitement au mieux.

  • Les traitements

Les traitements mis en place devront être respectés, adaptés, durant toute la vie durant de votre animal.
Seul votre vétérinaire sera à même d'instaurer puis d'adapter le traitement d'insuffisance cardiaque de votre animal.

Les médecines naturelles ne sont pas d'un grand secours dans la prise en charge de l'insuffisance cardiaque, hormis quelques cas particuliers décrits dans les autres articles du chapitre sur les troubles de l'appareil circulatoire.
Seule une diététique adaptée peut contribuer à améliorer le pronostic: n'hésitez pas à nous demander conseil via la rubrique Prestations en ligne du site.

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