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Le malade en homéopathie

Dans les deux précédents chapitres nous nous sommes intéressés aux principes premiers de l’Homéopathie et aux remèdes homéopathiques. Sachant que depuis sa création, l’Homéopathie a tâché de classer les malades en diverses catégories, selon leur constitution  et leur terrain, intéressons-nous donc à ces deux notions.

La Constitution

Elle permet de décrire l’architecture générale de l’individu, et reflète en grande partie sa morphologie. Bien évidemment elle dépend du patrimoine génétique de l'individu, mais elle est aussi fortement influencée par les facteurs environnementaux qui contribuent à la modeler durant les premières année de vie. Certes, il serait illusoire de vouloir de force classer un individu dans telle ou telle constitution. Car beaucoup d’individus peuvent présenter des constitutions mixtes, chaque grande constitution jouant en quelque sorte le rôle de repère.

  • La Constitution Carbonique : L’individu carbonique est plutôt bréviligne et rigide, trapu. Les différentes parties de son corps sont de longueurs équivalentes. Plutôt large, sa démarche est souvent lourde, lente. Son tempérament le pousse à la recherche de la tranquillité, à dépenser le moins d’énergie possible. Souvent l’individu carbonique souffre de problèmes liés à l’alimentation et au dérèglement du métabolisme. Diabète, calculs urinaire, arthrose sont des affections fréquentes dans cette constitution. Les principaux remèdes des individus carboniques sont  Calcarea carbonica, Sulfur, Lycopodium. Les Mastiffs, les Bouledogues les Chartreux, par exemple, sont des races souvent décrites comme des races carboniques.
  • La Constitution Phosphorique : L’individu est plutôt longiligne, ses membres sont fins et longs, son thorax est étroit. Ayant tendance à la maigreur et à souffrir d’hyper laxité ligamentaire, son attitude est souvent souple et élégante. Il est fréquemment sujet à la fatigabilité, l’anxiété voire la nervosité. Ses principaux remèdes sont Calcarea phosphorica, Natrum muriaticum, Phosphorus, Sulfur iodatum. Ainsi les Siamois et la plupart des lévriers sont-ils souvent phosphoriques.
  • La Constitution Fluorique : L’individu semble être dysharmonique, voire même asymétrique, souffrant d’une laxité ligamentaire démesurée, de relâchement de divers organes et tissus, en particulier au niveau cutané. Sa démarche est souvent irrégulière, chaotique. Il est fréquemment anxieux, et exprime son anxiété par des réactions exacerbées. Il souffre tout particulièrement d’arthrose et de problèmes vertébraux. Ses principaux remèdes sont Calcarea fluorica, Mercurius, Baryta carb., Argentum nitricum. Ainsi le Pékinois ou le Persan sont-ils souvent fluoriques.
  • La Constitution Sulfurique : L’individu semble harmonieux, les diverses parties de son corps sont équilibrées. Ils sont en général dynamiques mais sans excès. Ils souffrent fréquemment de problèmes suppuratifs ou inflammatoires, comme les dermites eczématiformes, les abcès. Les principaux remèdes sont Sulfur, Sulfur iod. Ainsi les Fox terriers, les chats européens sont ils souvent des sulfuriques.
  • Les Constitutions Mixtes : Ce sont de loin les constitutions les plus fréquentes en médecine vétérinaire. On peut citer les individus Sulfo Carboniques qui ont pour remèdes  Hepar sulf, Calcarea sulf, Natrum sulf….  Le chat Persan, par exemple en est  souvent un exemple. Citons encore  les Sulfo-Phosphoriquesqui ont pour remèdes Sulfur iodatum, Natrum mur……Les Lévriers de grande taille sont souvent classés dans cette constitution.

Le Terrain

En écho à une agression, les réponses de l’organisme peuvent varier grandement d’un individu à un autre. Ainsi, face à un même allergène, tel individu allergique va présenter une conjonctivite, tel autre une crise d’asthme, tel autre encore une dermatite eczématiforme. Face à l’adénovirus CAV1, tel chien ne présentera aucun signe, tel autre se contentera d’une simple pharyngite, tel autre aura une hépatite sévère. Chaque individu possède un terrain particulier, ce terrain conditionne ses modalités de réaction face à un agent pathogène. En Homéopathie on parle de "diathèses". Une diathèse est donc l’ensemble des réactions de l’organisme, au niveau local comme général, en réponse à une agression par un agent pathogène, externe à l’organisme, ou en faisant partie. Il existe quatre diathèses reconnues.

  • La Psore , ou " le chien sulfur ". C’est la diathèse la plus fréquente, surtout en médecine vétérinaire. Elle associe l’existence d’éruptions cutanées et de troubles psychiques et comportementaux. Toutes ces manifestations sont sujettes à rechutes épisodiques. La suppression des seuls troubles cutanés, sans tenir compte des autres manifestations, est souvent la source de complications. La constitution la plus concernée est la Carbonique. Les phases de convalescence, quelle que soit l’affection, sont longues. Les principaux remèdes sont : Psorinum, Calcarea carb., Sulfur, Nux vomica….Les races de chiens les plus concernées sont le Fox Terrier, le Loulou, le Chow-Chow, chiens souvent hargneux, irritables, voraces à l’extrême, aimant les sucreries, ayant horreur des bains mais aussi de la chaleur. Chez ces animaux on débute par Psorinum ou par Sulfur en basses dilutions pour éviter les phénomènes d’aggravation " explosifs ".
  • La Sycose , ou " le chien Thuya " . La sycose est une diathèse complexe, regroupant toutes sortes de manifestations liées au stress intense, aux infections ou aux intoxications chroniques, et, chose fréquente, aux réactions vaccinales à court et à long terme. Les sujets sycotiques auront tendance à la dépression, présenteront fréquemment des catarrhes de toutes les muqueuses, des excroissances cutanées comme les verrues. Les remèdes principaux sont : Thuya, Natrum sulf., Silicea, Sepia, Nitricum acidum. Boxer et Danois en sont souvent de bons exemples.
  • La Luèse : cette diathèse associe des irritations cutanées ou internes, des ulcérations, des phénomènes sclérotiques. Les atteintes les plus fréquentes se situent au niveau ostéo articulaire, cutané et au niveau des muqueuses digestives, parfois respiratoires. Les individus ayant ce terrain, sont soit indolents, soit hypernerveux. Les principaux remèdes sont : Nitricum acidum, Aurum, Plumbum, Luesinum. Le chien type Ignatia est souvent proche de cette diathèse, mais, en médecine vétérinaire on ne peut pas strictement les confondre. La race Teckel en est souvent un bon exemple, ainsi que les femelles présentant des lactations de pseudo gestation avec recherche de coins isolés et refus du contact avec les humains.
  • Le Tuberculinisme, ou " le chien Pulsatilla " : Cette diathèse se rencontre plus souvent chez des individus longilignes, sveltes, donc fréquemment dans les constitutions phosphoriques et phospho-fluoriques. L’individu tuberculinique souffre souvent de décalcification, d’amaigrissement, d’asthénie. Très sensible au froid, il présente fréquemment des affections oro-pharyngés, des trachéites, des otites inflammatoires. Au niveau du psychisme, on pourrait dire que c’est un " hypersensible ". Les principaux remèdes sont : Pulsatilla, Natrum muriaticum, Silicea, Calcarea phos. Les races de chiens Setter et Labrador en sont souvent le type, et pulsatilla est fréquemment le remède des chiennes présentant des lactations de pseudo gestation , en particulier des chiennes instables, ne sachant pas " où se mettre ".

Ces quatre grandes diathèses issues directement de pathogénésies réalisées en médecine humaine peuvent être très largement complétées en médecine vétérinaire.
Ainsi peut on, par exemple, parler d’un " type Graphites " regroupant des chiens mous, souvent obèses, ayant tendance à la constipation et aux suppurations cutanées, souvent hypo thyroïdiens , souffrant assez fréquemment d’hypo sexualité. Les races les plus concernées sont les chiens Terre Neuve et les St Bernard.

Constitutions, Diathèses et Traitement

Bien évidemment le choix d’un remède homéopathique ne pourra se faire sur la seule base de la constitution et / ou du type de diathèse du malade. Mais elles seront d’un indiscutable secours pour « débroussailler le terrain » et partir à la conquête du Graal, LE remède du malade au sein d’une matière médicale souvent touffue.

  • Le traitement d’une affection aiguë  La recherche du remède va prendre en compte successivement la cause immédiate du problème, puis les symptômes locaux par exemple, pour finir par une étude minutieuse des symptômes réactionnels généraux.
  • Le traitement d’une affection chronique  La recherche du remède se doit, sans doute, d’être encore plus minutieuse, car il faudra trouver un véritable traitement de fond. Il faudra s’intéresser successivement à l’étiologie, autrement dit aux causes de la maladie, puis aux signes liés à la diathèse, puis encore aux signes liés à la constitution, et enfin aux signes généraux qui sont apparus tout doucement durant la vie du patient.

La médecine homéopathique est donc une médecine réactionnelle et relationnelle, nécessitant une connaissance approfondie des lois qui la régissent et de la Matière Médicale Homéopathique.C'est une médecine dont la pratique nécessite rigueur, établissement d’une relation de confiance entre le soignant et le soigné. Pour un vétérinaire homéopathe,cette relation de confiance doit s'établir avec l'animal, mais aussi, bien évidemment, avec son maître, seul à même de parler à la place de celui-ci.
L’auto médication, dans le cas de " petits bobos " ou pour permettre d'attendre une consultation au lendemain d'un jour férié, est possible en homéopathie. Mais cette façon d’aborder l’Homéopathie restera toujours du domaine des conseils, parfois des " recettes de Mère Grand ". Le traitement de fond d’une affection chronique est et restera toujours l’apanage des praticiens homéopathes, car basé sur la recherche et l'utilisation du simillimum, ce qui nécessite savoirs, maîtrise et expérience.

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