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Homéopathie et Isothérapie

L’isothérapie, également dénommée isopathie, peut et doit être considérée comme une branche de l’Homéopathie, même si Samuel Hahnemann les considérait comme une seule et même médecine.En effet, il ne désirait pas différencier le semblable," homeos" en grec, de l’identique " isos" en grec.

Définition et Généralités

L’Homéopathie est fondée sur le célèbre "Simila similibus curantur", autrement dit les semblables sont soignés par les semblables.
L’isothérapie pourrait être définie comme la thérapeutique fondée sur la loi "l’identique est soigné par l’identique". En effet l’isothérapie emploie, pour soigner une affection, le propre agent causal de cette affection après l’avoir dilué et dynamisé à l’instar de tout remède homéopathique.
L’isothérapie s’avère être une méthode thérapeutique d’une remarquable efficacité, d’un abord aisé pour les praticiens même débutants en Homéopathie, mais dont les détracteurs sont nombreux, que ce soit les adversaires acharnés de l’Homéopathie, voire même certains de ses partisans.Nous ne pouvons ainsi que constater et regretter que de nombreux laboratoires aient abandonné la fabrication de remèdes d’isothérapie pour de basses raisons commerciales. De même, il est de nos jours quasi impossible de faire fabriquer des auto vaccins, qui ont rendu tant de services, en particulier en médecine vétérinaire, sous des prétextes de sécurité, mais en fait pour des raisons commerciales. Les auto vaccins faisaient d’ailleurs le lien entre l’homéopathie et l’immunologie.
Les règles de prescription assez floues -autant de praticiens autant de modalités de prescription pourrait on dire- ont contribué à donner du grain à moudre à ses détracteurs. Nous pouvons évoquer trois groupes de modalités de prescription :

  • Certains auteurs préconisent d’administrer le remède isothérapique en une seule dose en 30 CH
  • D’autres auteurs préconisent de trouver empiriquement la bonne dilution , en débutant par de faibles dilutions, puis augmentant de jour en jour les dilutions jusqu’à guérison. Ainsi, l’isothérapique sera administré durant 5 jours en 4 CH à raison de cinq granules deux fois par jour, puis en 5 CH deux fois par jour durant 5 jours, puis en 7 CH….et ainsi de suite.
  • D'autres auteurs , enfin, préconisent l’administration d’un mélange de dilutions. On administrera, par exemple, l’isothérapique en 4-5-7 CH durant 4 jours, puis 9-11-15 CH durant 4 jours….

Historique de l’isothérapie

L’histoire de l’isothérapie est intimement liée à celle de l’Homéopathie, de par la philosophie qui a présidé à l’élaboration de leurs axiomes, règles et pratiques, mais également en raison du fait que ces deux médecines ont les mêmes fondateurs. Nombreux furent les homéopathes à s’intéresser à l’isothérapie, Hahnemann le premier, et plus d’un de ses disciples. Nous pouvons citer trois praticiens considérés comme faisant partie de fondateurs de cette discipline :

  • Le Dr Lux, vétérinaire disciple d’Hahnemann, qui fut un des premiers à affirmer que toute infection enfermait dans les matières qu’elle produisait les éléments de sa guérison.
  • Le Dr Hering, médecin américain, qui prépara le célèbre « Psorinum », en étudia la pathogénésie, établissant ainsi une des quatre diathèses de l’homéopathie.
  • Enfin, le Dr Collet, devenu missionnaire dominicain au moyen orient, qui se trouva confronté à une cohorte de malades, sans avoir aucun médicament à sa disposition.

Ce dernier inventa une méthode de prélèvement des sécrétions de ses malades puis de préparation des isothérapiques à partir de ces sécrétions. Il préconisait d'imbiber un coton de pus, d'urine, de sang ou de tout autre prélèvement, puis de le placer dans un flacon d’eau. Cette préparation était ensuite stérilisée, puis subissait une dynamisation par succussions, et enfin une dilution selon la méthode de Korsakov. Enfin, la  dilution obtenue permettait d'imprégner des granules neutres de saccharose. Le Dr Collet se targua d’avoir pu guérir toutes sortes d’affections, infectieuses, parasitaires, métaboliques…
L’isothérapie a poursuivi son développement, et dans les années soixante, la bible de la pharmacie officielle, « La Pharmacopée française », inscrivit et définit officiellement les isothérapiques et biothérapiques.

  • Les biothérapiques sont des médicaments préparés à l’avance à partir d’agents microbiens, de sécrétions pathologiques, de divers tissus animaux ou végétaux, d’allergènes…tous non chimiquement définis. Toutes ces substances sont des "souches pour biothérapiques ".
  • Les isothérapiques sont en fait des biothérapiques préparés de façon extemporanée à partir de souches fournies par le malade ou son milieu environnant, et dont la première dilution doit subir un traitement de stérilisation, le plus souvent par la chaleur.

Classification des isothérapiques

On classe les isothérapiques en deux groupes, selon que la souche ayant servi à leur préparation provient du malade, les "auto-isothérapiques", ou provient de l’environnement du malade , les "hétéro-isothérapiques".

  • Les auto-isothérapiques ou isothérapiques endogènes : Tout prélèvement réalisé sur un malade peut devenir une souche isothérapique. Le sang, l’urine, le pus d’un abcès, le mucus expectoré, les squames cutanées, la salive,les agents mycosiques recueillis, les parasites, les calculs biliaires ou rénaux, la liste des substances prélevables et utilisables est infinie.
  • Les hétéro-isothérapiques ou isothérapiques exogènes : Tout prélèvement effectué dans le milieu environnant du malade peut devenir une souche isothérapique. La poussière de maison, l’eau du robinet, les aliments divers, les tissus, les peintures…..On obtient ici des souches spécifiques, contrairement aux souches utilisées par les laboratoires d’allergologie qui sont standardisées.

Une application parmi les plus intéressantes est la préparation d’isothérapiques utilisant les remèdes allopathiques que prend le patient. Ainsi, l’administration d’isothérapiques à partir de ces souches, diminuera-t-elle souvent les effets secondaires de ces médicaments, en augmentant la vitesse d’élimination de leurs métabolites. Une des utilisations les plus connues et ayant démontré une grande efficacité est celle  d’hétéro-isothérapiques préparés à partir de vaccins. De tels isothérapiques permettent d' atténuer les risques et de diminuer l'intensité des  symptômes de la réaction vaccinale, voire même de l'accident vaccinal.
De nombreuses études hospitalières ont mis en évidence l’efficacité de l'isothérapie. Une étude sur l'utilisation d'un isothérapique de Gardenal ND chez des enfants épileptiques recevant ce médicament, a démontré que l'isothérapique permettait une diminution des effets secondaires, en particulier de la somnolence. L'administration d'isothérapiques de Gardénal en 4 CH, puis 9 CH et enfin 15 CH a permis d'augmenter l'élimination urinaire de la substance active sans réapparition des crises épileptiques.
Des observations identiques ont été effectuées avec la Depakine ND, autre molécule anti épileptique.
De nombreux vétérinaires homéopathes ont prouvé l’efficacité des hétéro-isothérapiques dans le cadre de la maîtrise de la réaction et de l’accident vaccinal chez les carnivores domestiques. Il semble que l'administration d'hétéro-isothérapiques de vaccins contre le FeLV, le Coryza félin et la Panleucopénie infectieuse a permis de diminuer l'apparition des fibrosarcomes dans une population de chats ainsi traités. Rappelons que ce cancer des tissus sous cutanés est favorisé par les vaccinations sous cutanées annuelles.

Nous conclurons donc ce chapitre en affirmant que l’isothérapie est, et demeurera une méthode thérapeutique élégante, efficace, aisée et peu coûteuse. Elle permettra aux praticiens homéopathes d’intervenir dans de nombreux cas où l’allopathie se révèle démunie, en particulier pour tout ce qui touche aux accidents vaccinaux, et plus particulièrement à la maladie vaccinale, la "vaccinose des homéopathes". Mais encore faudrait-il que ces praticiens puissent continuer à pouvoir se fournir en remèdes auprès de laboratoires de plus en plus réticents à en fabriquer. Car la loi européenne interdit désormais de déconditionner les médicaments, ce qui rend quasi impossible, par exemple, de fabriquer des isothérapiques à partir de vaccins.

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