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L' Obésité

Vous sortez de chez votre vétérinaire pour la visite annuelle de votre animal, et vous venez d’apprendre que votre animal souffrait de surcharge pondérale….Cette silhouette un peu rondelette que vous assimiliez à un état de santé irréprochable, a incité votre praticien à vous expliquer les risques inhérents à l’obésité et vous a décidé à prendre les choses en main. Avant d’entamer la cure d’amaigrissement, voyons comment vous en êtes arrivés la.

Les causes de l’obésité

  • Mode de vie

Il est loin le temps où Milou et Garfield devaient courir les forêts et savanes en quête de proies pour satisfaire leur faim!
De nos jours, douillettement étendus dans leur couffin, dans un salon bien chauffé l’hiver, climatisé l’été, éclairé à giorno, ils n’ont qu’à attendre l'heure du repas sans s’en faire.
Tout juste pousseront-ils un petit jappement ou miaulement et devront-ils se frotter dans les jambes de leur maîtres, pour les prévenir que l’heure de la pitance est sacrée.
Soignés au moindre "bobo", vermifugés régulièrement, sans concurrence aucune pour gagner sa pitance, comment nos petits amis ne prendraient ils point un tour de taille pour le moins conséquent ?

De plus, nos amis les chiens doivent garder dans leurs gènes la mémoire ancestrale des temps où il fallait ingurgiter sa proie à toute vitesse au risque, sinon, de se la faire voler par plus rusé ou plus fort. Ils continuent donc à dévorer à vitesse supersonique leur gamelle, qui n’est jamais assez volumineuse !

Notre ami félin, lui, a conservé la sagesse de ses ancêtres orientaux, et sait la plupart du temps adopter un comportement beaucoup plus raisonnable face à sa gamelle. Voila pourquoi, sans doute, moins de 10% des chats souffrent d’embonpoint, comparés aux chiens dont un bon quart de la population est obèse.

  • Le rôle du Maître

La seconde cause expliquant ces perturbations pondérales est à rechercher dans la mauvaise éducation…. .du maître !
Comment résister à quelques jappements de son compagnon qui campe devant le réfrigérateur ou le buffet ?
Comment ne pas se laisser apitoyer par cette truffe humide qui vient se poser sur vos genoux durant le repas pour obtenir les restes de rosbeef qui ornent votre assiette ?
Comment ne pas donner quelques croquettes de plus quand les moustaches de minou viennent vous chatouiller les mollets au moment du coucher ?

Tous ces gestes qui paraissent autant de marque d’affection, qui tendent ou semblent tendre à renforcer les liens qui vous unissent à votre animal aboutissent à une seule chose : votre animal prend du poids ! Et malheureusement, sa silhouette enrobée, loin de vous inquiéter, vous semble être signe de bonne santé.

  • Les autres facteurs déclenchants

Avant de passer au chapitre suivant, évoquons en trois mots les causes de l'obésité autres que diététiques.

Certaines dysendocrinies, telles le diabète de type II, l’hypothyroïdie , la maladie de Cushing peuvent entraîner une prise de poids souvent conséquente. Bien évidemment le traitement de cette obésité passera avant tout par le traitement de la maladie causale, même si un régime hypocalorique devra être mis en place.

D’autres facteurs favorisant sont enfin à évoquer

Les facteurs raciaux : Certaines races comme le Labrador, le Beagle sont considérées comme prédisposées à la prise de poids. Il en est de même pour certaines races de chats, comme le Chartreux.
Les facteurs sexuels : Les femelles prendraient du poids plus facilement. La castration serait souvent responsable de surcharge pondérale précoce, aussi bien chez la femelle que chez le mâle castrés. Il afut impérativement respecter un minimum de régime hypocalorique dans les semaines qui suivent une stérilisation de façon à réduire la prise de poids inévitable au maximum.
Le facteur familial : L'image selon laquelle le chien ressemble à son maître est en fait souvent proche de la réalité. Un maître obèse et sédentaire possèderait un animal obèse beaucoup plus souvent qu’un maître svelte et sportif.

Où donc commence l’obésité ?

Si la balance est un juge infaillible, le simple coup d’œil d’un professionnel, accompagné d’une caresse sur les flancs, suffira à différencier la simple surcharge de l’obésité maladive.
L'obésité, rappelons le, débute à partir d’un excès de masse corporelle au dela des 15%.
L’allure générale, le fait de pouvoir sentir ou non les cotes à la palpation, la proéminence de l’abdomen, le dynamisme sont autant de facteurs pouvant affirmer ou infirmer l’obésité.
Votre vétérinaire pourra classer votre animal, en fonction de ces critères et d’un passage sur la balance, dans une des cinq catégories de poids habituellement définies : maigreur, minceur, poids standard, grosseur, obésité maladive.

L’obésité, problème esthétique ou véritable maladie ?

Trop de maîtres considèrent l’obésité comme une simple altération de la silhouette de leur compagnon à quatre pattes. La surcharge en graisse, par les conséquences redoutables qu’elle peut entraîner, doit être considérée comme une pathologie à part entière qui réduit de façon importante la qualité de vie et l’espérance de vie de nos animaux.

La liste des affections favorisées, déclenchées ou aggravées par l’obésité est des plus longue.

  • Le Diabète et son cortège de complications

Les statistiques parlent d'elles-même, 15 % des chiens obèses sont pré diabétiques ou diabétiques et 60 % des chiens diabétiques souffrent d’obésité. De par la gravité de cette affection métabolique, de par les séquelles importantes au niveau oculaire, circulatoire, rénal, le diabète doit être prévenu par une alimentation équilibrée et raisonnable, ce qui implique de prévenir l'excès de poids par la même occasion.

  • Les troubles locomoteurs

L'obésité accentue grandement les contraintes imposées aux muscles, aux tendons, aux articulations et au squelette.
De ce fait, les problèmes d’arthrose, de dysplasie de la hanche ou de hernies discales se trouvent fortement aggravés.
De plus, l'obésité rend les déplacements difficiles, voire douloureux. L'animal réduit alors son activité physique, ce qui entraîne une fonte des masses musculaires, et une nouvelle prise de poids. Nous sommes donc face à un véritable cercle vicieux difficile à interrompre.

  • L'insuffisance respiratoire

Monter un escalier, courir après sa balle, grimper aux arbres, tout cela devient rapidement pénible voire infaisable pour un animal obèse, qui sera rapidement essoufflé au moindre effort, surtout par temps très chaud.

  • Les troubles digestifs

La surcharge pondérale est très souvent responsable d'un phénomène d'atonie intestinale aboutissant à des constipations sévères et à l’émission de gaz des plus malodorants. Ces troubles digestifs nécessitent parfois des traitements drastiques et contraignants.

  • L'insuffisance cardiaque

Il est inutile de dire que la pompe cardiaque doit tourner à plein régime pour distribuer le sang dans un volume corporel plus important. La fatigue cardiaque est aggravé par l'insuffisance respiratoire consécutive à l'obésité.
Le myocarde va alors s'épuiser beaucoup plus rapidement, ce qui augmente le risque de voir apparaître une cardiopathie, et augmente notablement les risques anesthésiques et chirurgicaux.

  • L'altération des fonctions pancréatiques et hépatiques

La fréquence des pancréatites est bien plus élevée dans les populations d'animaux obèses.
Les surcharges graisseuses du foie, les lipidoses hépatiques, les insuffisances hépatiques sont évidemment bien plus fréquentes chez les animaux en surcharge pondérale excessive. Ce qui aggrave les troubles digestifs décrits plus haut.

Nous pouvons donc voir que l’obésité est une maladie à prévenir obligatoirement, et à traiter si malheureusement elle s’est déjà installée.

La prévention de l’obésité

L’adage bien connu "mieux vaut prévenir que guérir" prend ici toute son importance, tant le traitement de l’obésité est difficile et susceptible d’échecs . La prévention nécessite tout simplement de suivre les quelques conseils basiques que l’éleveur ou mieux, le vétérinaire, pourra vous donner lorsque vous adopterez votre nouveau petit compagnon, à savoir :

Peser votre animal régulièrement pour adapter au mieux sa ration quotidienne
Eviter l’inactivité et favoriser les balades
Ne pas distribuer des friandises à longueur de journée
Ne pas favoriser le grignotage
Ne pas distribuer les reste de vos repas


Autant de petites règles très simples à respecter qui vous éviteront à vous et à votre animal la douloureuse expérience des régimes amaigrissants avec leur cohorte de tracas.

Le régime amaigrissant

La surcharge pondérale se développe sournoisement, petit à petit.
Motivé par sa gourmandise et, le plus souvent, par les incitations d’un maître soucieux de rassasier son animal, notre ami à quatre pattes devient rapidement boulimique.
Pour satisfaire à des besoins sans cesse croissants, son maître lui offrira, outre une nourriture souvent trop riche et déséquilibrée, mille petites friandise, mille petits à cotés, qui rapidement et immanquablement lui feront fabriquer ces réserves adipeuses qui lui confèreront sa silhouette caractéristique d’animal "grassouillet".
Notre compagnon rechigne alors à se dépenser, se contentant des trajets le conduisant à sa gamelle. Cette adynamie, non compensée par une perte d’appétit, accélère alors la prise de poids.

A ce moment, toute tentative de donner une ration normale n’aurait aucun résultat, l’impossibilité d’avoir une activité physique intense interdisant toute perte de poids. Alors vient le douloureux instant où doit commencer le régime amaigrissant.
Toute la famille doit être motivée à cela , car distribuer une nourriture hypocalorique alors que le conjoint ou les enfants donnent en cachette le "susucre" ou alimentent sous la table leur animal à grandes lampées de restes de plats en sauce, ne servirait qu’à stresser l’animal obèse.

  • L'activité physique

La reprise d’une activité physique est indispensable. Elle  pourra vous faire également beaucoup de bien, la sédentarité de l'animal étant souvent le reflet de la sédentarité du maître!
Allez y progressivement, préférez 4 ou 5 sorties de 10 mn à une très longue promenade, et surtout, ne demandez pas à votre animal de battre le record canin du 100m! Vous pourriez lui occasionner des problèmes respiratoires, voire cardiaques.
De Kilogramme perdu en Kilogramme perdu, l'activité physique sera facilitée, les balades plus longues, les efforts pourront être plus intenses.

  • Comment envisager le régime ?

Tout simplement en modifiant la qualité, la quantité et souvent le mode de distribution.
Mijoter soi même des gamelles hypocaloriques pour son animal est réalisable sous contrôle vétérinaire, mais souvent fastidieux par rapport aux rations traditionnelles.

Le recours à des aliments hypocaloriques industriels sera (malheureusement ? ) souvent plus réaliste. En effet, le calcul des rations et leur administration en seront bien plus faciles. De plus, aucun problème lié à une composition mal étudiée, ne pourra provoquer de carences préjudiciables à la santé de votre animal.
Et de nos jours  les coûts sont devenus fort raisonnables.

Une erreur à ne pas commettre, serait de tenter de faire maigrir votre animal "en lui serrant la ceinture".
Ne  lui donnez jamais  une alimentation totalement déséquilibrée calquée sur les régimes miracle qui font la fortune des magazines féminins à la belle saison.
Des problèmes rénaux ou musculaires par carence en apport protéique, des troubles métaboliques et neurologiques consécutifs à la  carence en acides gras insaturés, un animal devenant agressif car jamais rassasié….Autant de problèmes rencontrés dans des régimes fantaisistes et mal conduits !

Une autre erreur à éviter est de se laisser abuser par le marketing de certains industriels distribuant en grande surface des produits "light". Ils ne feront jamais maigrir votre animal, voire le rendront malade. Ils ne feront maigrir dangereusement que votre…portefeuille !

Il vous faut peser votre animal hebdomadairement pour vérifier la perte de poids et, éventuellement, ajuster les quantités distribuées. Sachez toutefois que votre animal maigrira lentement, au maximum de 200 à 300 g par semaine pour un chien de 10 Kg, et qu’en général il ne retrouvera jamais un poids standard.
Son poids de forme sera toujours légèrement supérieur à la normale, mais ne devra plus être dépassé.
En compensation, ce poids sera maintenu toute la vie durant, sans que votre animal doive poursuivre un régime des plus rudes jusqu’à la fin de ses jours.

De toute façon, chaque animal obèse est un cas particulier qui nécessite une prise en charge personnalisée, et seul un avis vétérinaire autorisé sera à même de vous permettre de conduire ce régime de façon efficace….Alors courage, et votre compagnon retrouvera silhouette et entrain !
Demandez à votre vétérinaire d'établir le régime hypocalorique de votre animal, ou obtenez une prescription diététique personnalisée en ligne via notre rubrique Prestations en ligne.

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