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Au sujet de quelques aliments interdits

Une approche simpliste, voire déterministe de l’alimentation canine ou féline, nous ferait dire que la bouche, l’estomac, les intestins, le foie et la pancréas de votre animal sont "programmés" pour digérer certains aliments et d’autres pas. De fait, une alimentation et un abreuvement de qualité, faisant appel à des matières premières sélectionnées, favoriseront une digestion efficace et garantiront à l'organisme de fonctionner au mieux.
Depuis que nos animaux familiers ont été domestiqués, le néolithique pour nos amis les chiens, plus récemment pour les chats, les maîtres ont très rapidement compris de quoi devait être composée la gamelle de leur animal et les aliments qui pouvaient peut être leur occasionner des problèmes plus ou moins importants.
Tentons donc de voir quels sont les aliments ou les ingrédients qu’il faut proscrire.

La pomme de terre


Tout d’abord, intéressons nous à un des aliments préférés des humains, la pomme de terre. Cet aliment, source majeure d’amidon dans l’alimentation humaine, est malheureusement fort mal digéré, voire pas du tout par nos amis carnivores. En effet, l’amidon contenu dans ce tubercule est un amidon à chaîne longue, un amidon quasi inutilisable par le tube dugestif de nos chiens ou chats. Nos amis n’ont pas l’équipement enzymatique susceptible de scinder cet amidon en fragments assimilables. Pour apporter de l’amidon, qui est malgré tout indispensable dans l’alimentation de nos compagnons, il faudra se tourner vers une céréale telle que le riz, en veillant à ce que la durée de cuisson soit très importante de façon à casser en partie les chaînes d’amidon par hydrolisation. Un rinçage soigneux éliminera l’amidon contenu dans l’eau de cuisson. Le maïs est également une excellente source d'amidon.

Les restes de repas


Envisageons maintenant un des comportements du maître, la distribution des restes de table. Plusieurs ingrédients néfastes pour votre animal interviennent alors.
Les sauces et épices entraînent fréquemment des troubles gastriques, pouvant même aboutir à des gastrites aiguës ou chroniques si ces habitudes persistent.

Les oignons, ainsi que l'ail, sont responsables de troubles hémolytiques importants et sont donc à proscrire formellement.

Les restes de gigot ou de steak peuvent paraître anodins…et pourtant ! Riches en tendons,en aponévroses, ils contiennent de fait des quantités élevées de collagène, substance très peu digestible par l’appareil digestif de nos amis. à quatre pattes Les excès de collagène sont responsables de troubles digestifs, flatulences, diarrhées, voire de troubles cutanés.

Les os sont souvent considérés par les maîtres, soit comme une récompense, soit comme faisant partie de l’alimentation du chien. Outre le fait que votre animal préférera certainement un bon morceau de filet de bœuf, la distribution d’os peut présenter des risques certains , tels que des blessures des parois du tube digestif par des fragments acérés, des obstructions intestinales par des os de taille volumineuse n’ayant pas été broyés, ou des obstructions intestinales par des os finement broyés et transformés en "béton" par l’action des sucs digestifs et du péristaltisme. Un peu d’humour ne faisant jamais de mal, si vous voulez profiter d'un animal qui digère les os, adoptez-donc un crocodile !

Enfin, les fins de repas incitent plus d’un maître à vouloir gâter leur petit compagnon en leur faisant partager fruits et restes de gâteaux. Il est inutile de dire que l’obésité guettera alors les chiens gourmands , sans parler des risques d’apparition du diabète, ou de diarrhées des plus gênantes en cas de surconsommation de fruits quels qu’ils soient.
Le chocolat, véritable poison pour nos amis les chiens, fera l'objet d'un article entier que vous pourrez consulter dans la sous rubrique toxicologie de l'onglet Pathologies.

Les excès alimentaires


Envisageons maintenant les excès d’aliments normalement digérés. Depuis les médecins de la Grèce antique, il est  notoire que les excès sont la plupart du temps néfastes.
Ainsi, un biscuit donné de temps à autre, pourra permettre d’améliorer les relations avec votre petit compagnon . Donné en excès ou en permanence, gare aux risques de prise de poids excessive.
Les protéines, indispensables à l’alimentation des carnivores, données en trop grand volume vont entraîner l'apparition de borborygmes, de flatulences nauséabondes, de diarrhées ou de problèmes dermatologiques tels que la "maladie des poils rouges". Et au-delà, de tels excès sur une longue période, vont fatiguer à l’extrême la fonction rénale. Nos petits amis deviendront alors très tôt dans leur vie des insuffisants rénaux. L'insuffisance rénale chronique diminuera leur espérance de vie et rendra particulièrement inconfortables leurs dernières années d'existence.

Les changements brutaux de régime


Poursuivons par les problèmes liés aux changements de nourriture intempestifs.
L’équipement enzymatique digestif et la flore intestinale de nos carnivores domestiques ne peuvent s’adapter à des modifications brutales de la ration alimentaire. Passer du jour au lendemain, et fréquemment, d’un type de repas à un autre, aboutira à ce que vos compagnons digèrent moins bien et soient sujets à des désordres digestifs souvent difficiles à maîtriser.
Lorsque des changements alimentaires sont nécessaires, en cas de  déménagements, de voyages, de mise en pension, n’omettez jamais de pratiquer une transition alimentaire sur quelques jours, en diminuant progressivement la ration initiale et en incorporant progressivement la nouvelle ration.
Sinon, rassurez-vous, hormis quelques cas particuliers, votre chien, mais un peu moins votre chat, préférera sa gamelle habituelle bien pleine, à des changements de nourriture souvent stressants pour lui. Un vieil adage sur la nourriture du chien dirait : "La quantité, la qualité, pas la variété".

Les intolérances alimentaires


Avant de clore cette brève évocation des aliments à proscrire, disons quelques mots sur le phénomène de l’intolérance alimentaire.
Il ne s’agit pas dans ce cas  d’aliments à proscrire pour tous nos animaux, mais d’aliments à interdire pour tel ou tel individu.
Tel chat ne pourra déguster sa pâté aux crevettes sans vomir immédiatement, tel chien souffrira de prurit et de diarrhées s’il ingère du bœuf ou du riz….Dans une telle situation, la seule solution, après avoir déterminé quels aliments ne sont pas tolérés par le chien ou le chat, est de les supprimer de leur ration, autrement dit de mettre en place un régime d’éviction.
Toute autre tentative thérapeutique serait vouée à l’échec et pourrait aboutir à une altération profonde et définitive des capacités digestives et de l’état de santé de votre animal.
Une nouvelle fois nous ne pouvons que vous recommander de prendre conseil auprès de votre vétérinaire qui saura déterminer avec vous le régime idéal pour votre petit compagnon.
N'hésitez pas à nous demander un conseil individualisé pour votre petit compagnon via notre rubrique Prestations en ligne
 


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